Un bateau-taxi se réserve comme un taxi et se remplit comme une navette : la place se vend sur un trajet, pas dans un véhicule. Et son prix n’est connu qu’une fois la sortie faite. Tout le projet tient dans ces deux phrases.
Le site en ligne : jereservemonbateau.fr — ouvre dans un nouvel onglet
Neuf pontons et deux façons de vendre
Le service relie neuf points d’embarquement du bassin d’Arcachon : la jetée Thiers et le petit port à Arcachon, Bélisaire, le Canon, le Piquey et le village de L’Herbe au Cap Ferret, le Moulleau, la dune du Pilat, le banc d’Arguin. Un visiteur choisit son départ, son arrivée, sa date et son heure, et doit obtenir une réponse immédiate : y a-t-il un bateau, et combien.
Deux modes de vente cohabitent, et ils ne se ressemblent pas. La location avec capitaine privatise l’embarcation : une réservation, un bateau, un prix fixe. Le bateau-taxi partagé vend des places sur un trajet que quelqu’un d’autre a déjà ouvert — jusqu’à douze personnes, les vélos comptés à part des passagers.
Le prix se calcule après la sortie
C’est la contrainte qui a structuré le projet. Au moment où le visiteur réserve, la plateforme ne connaît pas le prix : il dépend des co-navigants qui s’ajouteront d’ici au départ.
La réponse retenue tient en trois temps. À la réservation, une empreinte bancaire du forfait minimum — celui d’un à cinq passagers — sans aucun prélèvement. Chaque nouvel inscrit déclenche un courriel au premier réservataire, qui lui annonce la réduction obtenue. Le prélèvement n’intervient qu’après la sortie, divisé par le nombre réel de participants.
Autorisation différée, montant variable jusqu’au dernier moment, débit postérieur au service : ce n’est pas un panier de commerce en ligne, et aucune extension du marché ne fait cela.
Deux parcours, parce que le délai change tout
À moins de deux jours du départ, l’offre est une liste : les trajets déjà ouverts s’affichent sur l’accueil avec leurs places restantes, et on s’y greffe. Au-delà, l’offre est une recherche : on décrit son trajet, et un partagé est proposé s’il existe. Passé trente jours, le partage n’est plus proposé du tout — trop loin pour espérer un remplissage.
Séparer ces deux parcours plutôt que d’en faire un formulaire universel est venu des tests utilisateurs. Un visiteur qui part demain ne cherche pas, il regarde ce qui existe.
Pourquoi la plateforme est tenue à part du site vitrine
Une vitrine se met à jour au rythme de la saison, une réservation vit à la minute. Les deux ont été séparées volontairement : interface React et service Node dédiés à la gestion des disponibilités, paiement confié à une passerelle externe — aucune coordonnée bancaire ne transite par le serveur du projet —, et traitement des données réduit à ce que la réservation exige, conformité RGPD comprise.
Rôle tenu : chef de projet technique et product owner. L’essentiel du travail n’a pas été du code, mais de l’arbitrage — ce que le visiteur doit comprendre en quinze secondes, ce qu’on accepte de ne pas savoir au moment de l’encaissement, et ce qu’on refuse de promettre.
Ce que ce projet sert à enseigner
Il revient dans deux matières. En gestion de projet digital, parce qu’il montre un cahier des charges qui se réécrit en cours de route, le jour où l’on comprend que le prix ne peut pas être connu à la commande. En création de sites et e-commerce, parce qu’il oblige à sortir du tunnel d’achat standard : ici, la commande ne se termine pas au paiement, elle se termine après la prestation.