Une agence immobilière familiale implantée à Lacanau et au Porge, sur un littoral où une partie des acheteurs ne vit ni dans la région ni même dans le pays. D’où la question qui a structuré le projet : jusqu’où faut-il traduire un site ?
Le site en ligne : avenir.immo — ouvre dans un nouvel onglet
Un marché de résidences secondaires
Lacanau, Lacanau Océan, Le Porge, Saumos, Le Temple : un secteur où le bien se cherche à distance, parfois depuis l’étranger, et où la visite arrive tard dans le parcours. Le site doit donc en dire beaucoup plus qu’une agence de centre-ville, dont le client passe devant la vitrine.
La recherche de biens a été construite autour des critères réellement discriminants sur ce marché — la localisation, le type de bien, le nombre de pièces, le budget — avec des alertes par courriel : sur un stock qui tourne vite, celui qui est prévenu le premier visite le premier.
La traduction automatique, et ce qu’elle vaut
Le site a été équipé d’un traducteur automatique de pages. C’est un choix à regarder en face, parce qu’il ne fait pas du tout la même chose qu’un site multilingue.
Ce qu’il apporte : un visiteur étranger lit les annonces immédiatement, sans attendre qu’on ait traduit un catalogue qui change chaque semaine. Sur des fiches de biens dont la durée de vie se compte en jours, traduire à la main n’a aucun sens économique.
Ce qu’il n’apporte pas : de la visibilité. Une traduction produite dans le navigateur du visiteur n’existe pas pour les moteurs de recherche — il n’y a pas d’adresse anglaise à indexer, donc rien ne remonte sur une requête en anglais. Un vrai site multilingue, c’est une arborescence par langue, des adresses distinctes et des balises de correspondance, et cela suppose de traduire et de maintenir. Le confort de lecture et le référencement international sont deux problèmes séparés, et un traducteur automatique ne règle que le premier.
Sur une agence de cette taille, arbitrer pour le confort de lecture et renoncer au référencement international était défendable. Encore faut-il le dire au client, plutôt que de lui laisser croire qu’il a un site multilingue.
Le rôle tenu
Chef de projet digital, au sein de l’agence dont j’étais alors directeur général : création du site, référencement naturel, interface et expérience, développements sur mesure, mise en conformité RGPD. L’estimation proposée sur le site est une demande qualifiée traitée par un négociateur, et non un estimateur automatique — un choix assumé sur un marché où une valeur calculée par algorithme se trompe largement.
Ce que ce projet sert à enseigner
Il revient en création de sites et e-commerce pour la question de l’internationalisation, où la confusion entre traduire et être trouvé est quasi systématique. Et en webmarketing et acquisition, parce que la réponse dépend entièrement de la valeur d’un visiteur étranger sur ce marché précis — un calcul, pas une opinion.