Sept ans auprès du service communication et du cabinet du maire. Une collectivité ne choisit pas son public : elle parle à tous ses habitants, y compris ceux qui ne sont pas en ligne, et elle ne peut pas décider de ne plus répondre. C’est la mission la plus longue de cette liste, et la plus variée.
Le site en ligne : arcachon.fr — ouvre dans un nouvel onglet
Travailler avec un cabinet, et pas seulement avec un service
C’est la particularité de la mission, et ce qui la distingue de tout projet d’entreprise. Un plan de communication municipal ne se valide pas sur un argument d’efficacité : il s’arbitre. Le calendrier n’appartient pas au chargé de communication, le ton d’une publication engage un élu, et une prise de parole peut être reportée pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le numérique.
Concrètement, cela change deux choses dans la façon de travailler. D’abord, on propose des scénarios plutôt qu’une solution : deux ou trois options avec leurs conséquences, pour que la décision reste celle de l’élu. Ensuite, on écrit tout — parce qu’un arbitrage pris en réunion et non consigné se rejoue trois semaines plus tard, en pleine préparation d’un événement.
Apprendre à travailler dans cette contrainte, sans la vivre comme un obstacle, est probablement ce que ces sept ans m’ont le plus appris.
Refondre le site de la ville
Le site institutionnel a été refondu avec, comme objectif premier, l’expérience de l’usager : quelqu’un qui cherche les horaires d’un service, une démarche, une date de conseil municipal ou un formulaire ne vient pas se promener. Il veut une réponse, et chaque clic supplémentaire est un appel de plus au standard.
La gestion des redirections permanentes a fait partie du chantier. Sur un site de collectivité, les adresses circulent depuis des années dans des courriels, des documents et des affiches : casser un lien, c’est casser une démarche pour quelqu’un.
Les réseaux sociaux d’une ville ne sont pas ceux d’une marque
Création et animation de la communauté Instagram de la ville, développement de la page Facebook avec des contenus plus approfondis et des vidéos thématiques en suivi quotidien, conseil sur l’ensemble des supports — Facebook, YouTube, LinkedIn. Et le soutien à des structures rattachées, dont le Palais des Congrès et la Maison des Jeunes.
La différence avec une marque est de fond. Un commentaire sous une publication municipale peut être une question sur le ramassage des ordures, une doléance, ou une interpellation politique. On ne modère pas, on ne supprime pas et on ne laisse pas sans réponse de la même façon selon les trois. Ce travail est de la relation au public autant que de la communication.
L’événementiel, et la communication de terrain
Une part importante de la mission s’est jouée dehors, appareil à la main, sur les événements de la ville. Le travail comportait la planification des plans d’action de communication en amont — quel message, sur quel support, à quelle heure, pour quel public —, puis la couverture elle-même, puis la participation aux films et vidéos de la ville et à leurs déclinaisons web.
Couvrir un événement en direct n’a rien à voir avec la publication planifiée. Il n’y a pas de relecture, pas de validation possible dans l’instant, et la photographie qu’on choisit devient la trace officielle de la journée. Deux réflexes s’y acquièrent vite : savoir ce qu’on ne publie pas — un visage d’enfant sans autorisation, un plan qui ridiculise quelqu’un —, et préparer assez en amont pour n’avoir, sur place, plus qu’à exécuter.
La mission couvrait aussi la gestion des supports numériques de la ville, écrans d’information compris : des canaux qui touchent les habitants qui ne suivent aucun réseau social, et qu’on oublie systématiquement dans un plan de communication pensé depuis un bureau.
Des événements numériques, montés et animés
C’est la partie la plus concrète, et celle qui se raconte le mieux en cours. Plusieurs dispositifs ont été conçus, installés et animés :

- A-Games, un tournoi d’e-sport : préparation de la salle, régie lumière et diffusion, streaming du showmatch, interviews des équipes. Un tournoi retransmis, c’est un plateau de télévision monté pour une journée — et quand la régie tombe, cinquante personnes attendent devant un écran noir.
- Une arène de drones avec circuit lumineux, et des ateliers de pilotage ouverts au public.
- Le Musée Replay, exposition de rétrogaming : bornes d’arcade, totem en pixel art, parcours pour un public qui allait de l’enfant de six ans au visiteur qui retrouvait les jeux de son adolescence.
- La Micro-Folie et son musée numérique, avec la programmation de l’auditorium.
- Des ateliers d’initiation au code sur Scratch, et un atelier de création de jeu vidéo.
- Une conférence sur l’intelligence artificielle, tenue à Arcachon en 2020 — quand le sujet n’était pas encore dans toutes les conversations.


Animer devant un public mélangé, sans pouvoir supposer aucun prérequis, est le meilleur entraînement pédagogique qui existe. On y perd l’illusion qu’une explication claire pour soi est claire pour tout le monde.
Faire monter en compétence, plutôt que faire à la place
Formation des agents, encadrement des services civiques affectés au numérique, et déploiement d’outils internes destinés à fluidifier la communication entre services. Deux programmes ont porté cette partie, ABC du Numérique et Comptoir du Numérique, auxquels s’ajoute la médiation numérique au sein du MA-AT et la programmation culturelle numérique.

C’est le cœur de la mission, et c’est aussi là qu’elle rejoint l’enseignement : sept ans à expliquer un outil à des gens qui n’ont pas choisi de l’utiliser apprend davantage sur la pédagogie que n’importe quelle formation de formateur.
Rôle tenu : consultant numérique et social media, de 2016 à 2023.
Ce que ce projet sert à enseigner
Il revient en social media et brand content pour la modération et la parole publique — un terrain où l’erreur n’est pas commerciale mais politique — et pour le droit à l’image, qui cesse d’être un chapitre théorique dès qu’on a photographié un atelier avec des enfants. Et en communication digitale pour l’accessibilité, le service à l’usager et les canaux qu’on oublie : concevoir pour quelqu’un qui n’a pas le choix d’aller ailleurs change toutes les priorités.